Biographie

Qui êtes-vous Marine ? Une femme politique et une femme tout court, d’ici et d’aujourd’hui. Voici une vie et un parcours, en six étapes essentielles…

Le Pen… Marion Anne

« Vous êtes des filles Le Pen pour la vie, ça ne va pas être facile, alors autant vous y mettre tout de suite » (Jean-Marie Le Pen)

Marine – Marion Anne pour l’état-civil – Le Pen nait à Neuilly-sur-Seine le 5 août 1968, la cadette des trois filles de Jean-Marie et Pierrette Le Pen. Après son bac, elle s’inscrit à la fac de droit de Paris II-Assas d’où elle sortira en 1990 avec une maîtrise de droit.

Entre-temps, Marine aura dû affronter le drame familial qu’est la séparation de ses parents, intervenue alors qu’elle n’a pas 16 ans, en 1984. Elle espérera pendant des mois voir revenir sa mère, mais n’entendra à nouveau le son de sa voix qu’au bout de 15 ans ! C’est, de son aveu, un traumatisme qu’elle devra apprendre à surmonter, et qui marquera de façon indélébile son adolescence.

Elle aura eu également l’occasion de tremper son caractère en devant assumer, quotidiennement, le nom qu’elle porte. Elle échappera miraculeusement, avec ses soeurs, à un attentat dévastateur perpétré contre l’appartement parisien de Jean-Marie Le Pen en 1976. Mais, plus durablement, plus intensément, elle devra subir les conséquences de l’ostracisme et des campagnes politico-médiatiques visant son père, et se solidarisera assez tôt des engagements de celui-ci : elle adhère au Front en 1986, à 18 ans. Marine devra faire face, du lycée à la fac en passant par le quotidien, à la diffamation, permanente et tous azimuts, contre Jean-Marie Le Pen, enclenchée à partir des premiers succès du Front en 1983/84. Ce nom, devenu très lourd à porter, elle le défendra « tête haute », lycéenne, étudiante, avocate, ou simple jeune femme vivant pleinement « dans son époque ».

 

L’avocate

« L’horizon limité par des barreaux est une expérience bouleversante à laquelle devraient être soumis tous les élèves magistrats »

« La privation de liberté n’est pas la seule peine qui attend les condamnés en prison »

En janvier 1992, Marine obtient le certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), – elle est aussi titulaire d’un DEA de droit pénal : elle intègre le barreau de Paris. Avocate stagiaire, elle a notamment accès au « dépôt » du Palais de justice et est scandalisée par l’état de vétusté et de saleté de ces « cachots » modernes, qui déshonorent la justice d’un pays riche et développé

comme le nôtre. Partisan de la peine de mort, Marine Le Pen ne supporte pas les aspects archaïques et injustes, voire inhumains, de l’administration pénitentiaire, qui ajoutent des peine à LA peine, et enfoncent les condamnés au lieu de les racheter.

Autre épreuve juridique initiatique, elle passe avec brio un concours d’éloquence qui la voit défendre… Charles IX inculpé pour avoir ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy ! Elle se classe ainsi deuxième sur six.

Marine Le Pen intègre ensuite le cabinet parisien de maître Georges-Paul Wagner, lui-même avocat de Jean-Marie Le Pen et du FN : elle devient une habituée des séances de comparution immédiate, où elle a souvent pour clients des étrangers en situation irrégulière, qu’elle défendra toujours avec compétence, combattant la politique d’immigration et non les immigrés. Mais, d’une manière générale, elle est aussi confrontée aux situations sociales les plus misérables, et elle n’oubliera jamais cette « leçon de choses  » humaine.

Elle a aussi connaissance de « grands » dossiers comme celui du sang contaminé, le cabinet Wagner défendant l’Association des Polytransfusés. Plus tard, elle s’intéressera aux affaires de corruptions politiques et fera plusieurs conférences sur le sujet aux côtés d’Antoine Gaudino, le policier qui révéla le scandale Urba-Graco sur le financement occulte du PS.

En 1994, la jeune avocate décide de plaider sous ses propres couleurs : elle s’installe donc à son compte.

Elle fait ses premières plaidoiries « frontistes » dès cette époque. Son père – au début réticent et se refusant à tout favoritisme – finit, sur la foi des résultats obtenus, par lui envoyer de plus en plus d’affaires. Le contentieux juridique FN finit par constituer l’essentiel de son activité, le virus familial de l’action politique l’a rattrapée et c’est tout naturellement qu’elle finit par créer, le 1er janvier 1998, le service juridique du FN, qu’elle va développer et qui aura un rôle essentiel dans la scission mégrétiste et la survie du FN.

 

La mère de famille

« Quand on est une femme, les 35 heures, on ne connait pas »

« Les femmes sont soumises à la « double peine » : un travail souvent prenant et une vie de famille à mener »

Divorcée, Marine est mère de trois enfants, dont deux jumeaux – Jehanne, Louis et Mathilde – âgés respectivement de 13 et 12 ans. Cette femme publique est décidée à protéger l’intimité de sa vie familiale, et la tranquillité de ses enfants.

Marine, on l’a dit, est une femme de son temps, confrontée à des difficultés très ordinaires et contemporaines : elle a dû divorcer du père de ses enfants et se glisser dans la peau d’une mère célibataire, qui doit mener de front (si l’on peut dire) la vie professionnelle – et politique – et la vie de famille. Il n’est évident d’être simultanément mère de famille et femme active, il l’est encore moins d’être mère de famille et dirigeante du FN.

Pour autant, les enfants vivent une vie pratiquement normale, à l’école comme à la maison familiale de Montretout – ou celle de La Trinité.

Mère qui travaille, Marine Le Pen n’a pas une vision idyllique et idéalisée de la vie, elle sait que celle-ci est difficile, dans notre civilisation moderne et qu’y élever harmonieusement des enfants n’est pas simple !

Elle est bien une femme plongée dans la réalité de l’époque, qui n’ignore rien des problèmes du quotidien et du long terme, une femme qui a connu, comme d’autres femmes, des échecs et des épreuves, mais qui s’est toujours battue pour les surmonter.

 

La femme engagée

« La véritable proximité, la fraternité, la parenté intellectuelle et affective, c’est avec les amis politiques qu’elle s’établissait… »

« Je découvrais le militantisme en politique, des gens dévoués à leur cause, qu’ils soutiennent dans un mélange de ferveur et de fraternité… »

« En arrivant comme élue dans le Nord-Pas-de-Calais, la pauvreté, la vraie, je l’ai touchée du doigt »

« La politique est d’autant plus difficile à exercer pour une femme qu’elle entre en compétition directe avec la vie de famille »

La première candidature électorale de Marine intervient aux législatives de 1993, dans la 16e circonscription de Paris – autrement dit le XVIIe arrondissement : elle recueille 11% des voix. Elle obtient ensuite, en 1998, son premier mandat électoral au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, une région qui deviendra, dans tous les sens de l’expression, sa terre d’élection. Comme elle le dit elle-même, cette région, et singulièrement le Pas-de-Calais, où elle veut s’implanter, a « pris de plein fouet tous les fléaux de la mondialisation : immigration, délocalisation, précarité. » Une région « vitrine », en quelque sorte, de la crise sociale et morale engendrée par 30 à 40 années de politiques gouvernementales de « droite » et locales de « gauche ».

C’est donc la question sociale qui va motiver Marine et son équipe dans cette vieille terre ouvrière ravagée par la crise et peuplée de Français modestes qui ne mettant pas le feu à leurs quartiers, n’intéressent personne, ne bénéficient d’aucune « politique de la ville » …

C’est donc la trahison de la gauche, hégémonique depuis des lustres, dans la région, envers ces populations que la candidate va s’attacher à dénoncer, dès1998. Elle le fera avec un succès croissant, de législatives en régionales, de régionales en municipales, au point de devenir une vraie figure régionale, une femme politique bienvenue – objectivement – chez les Ch’tis !

Entretemps, en 2000, Marine est entrée au bureau politique du FN et a pris la tête de « Génération(s) Le Pen », une association fondée pour « dédiaboliser » et moderniser le Front National et cette dédiabolisation, Marine Le Pen va y consacrer tout son talent et toute son énergie, des marchés du Pas-de-Calais aux plateaux de télévision bien parisiens pour mettre fin à l’injustice de la caricature construite autour du FN.

 

Un nouveau visage pour le FN

« Je suppose que ma franchise apparaît, dans le contexte finalement très consensuel, comme une formidable audace »

En mai 2002, Jean-Marie Le Pen crée le séisme politique que l’on sait en accédant au second tour de l’élection présidentielle. La classe politico-médiatique déchaîne une campagne de diffamation à la mesure de l’événement, désignant le FN et son président comme l’ennemi public n°1. Au soir du second tour et de la réélection massive, sinon glorieuse, de Jacques Chirac, Marine remplace au pied levé un cadre du parti pour représenter le FN sur les différents plateaux de télévision de la soirée électorale : là, sans expérience aucune de ce type d’intervention, et dans un contexte politique très lourd, elle s’impose par sa ténacité dans l’épreuve et l’efficacité de ses répliques et interventions. En quelque sorte, une personnalité politique est née ce soir-là, et, dès le lendemain, les demandes d’apparitions médiatiques se multiplient.

Immédiatement après, Marine est candidate aux législatives dans la circonscription de Lens (Pas-de-Calais), obtenant 24,24% des suffrages et se qualifiant pour le second tour où elle recueille 32, 20% face à un socialiste bien implanté et bénéficiant du « front républicain ». Cette campagne voit vraiment la naissance du « phénomène » politico-médiatique Marine Le Pen : une nuée de journalistes l’escortent sur les marchés, qui ne peuvent que constater sa popularité grandissante.

Elle est tête de liste en Ile-de-France pour les européennes de 2004 et devient présidente de groupe au Conseil régional et l’année suivante un des leaders de la campagne du non au referendum sur le projet de constitution européenne : le projet, comme on sait, est rejeté par une majorité de Français, et Marine Le Pen a été un des artisans de cette victoire politique.

Ces succès électoraux, sa stratégie affirmée de « dédiabolisation » du FN, ses qualités de débatteuse, le nom qu’elle porte, en font une « bonne cliente » pour les médias audiovisuels : les Français apprennent à connaître – et pour beaucoup à apprécier – cette jeune femme souriante dans la forme et ferme sur le fond, qui donne un nouveau visage, non seulement féminin mais aussi contemporain, au mouvement dont elle défend les couleurs.

 

La dirigeante politique

« Fidèle à ses idées, le FN doit néanmoins tenir compte de la société actuelle pour convaincre de son aptitude à gouverner »

« Représenter le peuple, c’est tout bonnement partager ses aspirations à la sécurité, à la prospérité, à la protection de sa famille, à l’identité, à des valeurs, à l’épanouissement personnel » .

Après un « galop d’essai » au congrès de Nice en 2003, Marine le Pen, devenue vice-présidente du FN, obtient un véritable « sacre » de la part des militants au congrès de Bordeaux en novembre 2007 : elle arrive en seconde position derrière Bruno Gollnisch à l’élection du comité central ; 75,76% des militants ont voté pour elle. Désormais considérée comme une « présidentiable » du parti, et pour l’heure vice-présidente exécutive chargée de la formation des cadres et militants ainsi que de la communication interne, Marine Le Pen ne cache plus sa volonté de bâtir et de conduire le « Front national du troisième millénaire ».

Entre-temps, il est vrai, l’élection en mai 2007 de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, grâce à un transfert important d’électeurs FN, a accéléré les choses. Les législatives de juin voient Marine émerger, pratiquement seule, parmi les candidats frontistes : elle est en effet la seule à affronter un deuxième tour, dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, obtenant 41,65% face au sortant socialiste, soit 17 points de plus qu’en 2002 : un résultat rendu possible par sa capacité à agréger au noyau des électeurs FN, des électeurs de gauche et de la droite institutionnelle.

Marine ne va plus « lâcher » Hénin-Beaumont, menant un intense travail d’implantation aux côtés de l’ « enfant du pays » Steeve Briois. Un travail de plus en plus payant : aux municipales de mars 2008, la liste conduite par Steeve Briois – Marine est en seconde position – rallie 28,83% des suffrages : Marine entre au conseil municipal avec Steeve Briois et trois autres colistiers et, à force de pugnacité, obtient la révocation du maire socialiste de Hénin pour, entre autres, « corruption » et « détournements de fonds » , une nouvelle élection municipale étant organisée à l’été 2009 : le tandem Briois-Marine Le Pen obtient au second tour le score « historique » de 47,62% des suffrages exprimés. Marine parle à cette occasion de « défaite qui a tout de même un petit goût de victoire » . Et de fait, aux élections régionales de 2010, la liste FN pour le Nord-Pas-de-Calais et conduite par Marine Le Pen obtient au premier tour 18,31% (19,81% dans le Pas-de-Calais), et 22,20% au second tour, se classant comme la troisième force régionale. C’est le deuxième meilleur score national du FN, derrière celui de Jean-Marie Le Pen en PACA.

Ces victoires prouvent en tout cas le bien-fondé de la démarche initiée par Marine : bâtir un front « élargi », en phase avec l’époque et les aspirations d’un maximum de Français. Les militants du FN, dans leur majorité, en tirent les conséquences : au congrès de Tours des 15 et 16 janvier 2011, qui voit Jean-Marie Le Pen quitter, après 40 ans de combat, la présidence du parti, Marine Le Pen est choisie par 67,65% des militants pour succéder à son père. Bruno Gollnisch, son concurrent, dont les médias et les dissidents du Front ont voulu à toute force faire l’ennemi politique de sa compétitrice, prendra acte du choix démocratique des militants et adhérents, et dira et redira sa volonté de travailler avec Marine à la victoire des idées nationales, populaires et républicaines.

Candidate déclarée à l’élection présidentielle, Marine obtient, dès le printemps 2011, des sondages la créditant souvent de la première place au premier tour, face à Sarkozy et aux différents candidats socialistes. Elle s’est maintenue depuis à un niveau élevé d’intentions de votes qui laissent bien augurer de la présidentielle.

Pour préparer cette « grande alternance », Marine travaille avec des experts et des personnalités de la société civile, qui affûtent et crédibilisent les orientations, notamment économiques et financières, de la candidate. Des personnalités jusque-là extérieures, tels Me Collard, ont franchi le pas et soutiennent la candidature présidentielle de Marine.