Notre politique étrangère

Notre politique étrangère, la politique du Grand large !
Retrouver notre influence, être un facteur de paix

Ces dernières décennies, tous les gouvernements, les uns après les autres, ont contribué au déclassement européen et mondial de la France. Leur politique a mis en péril notre équilibre intérieur et notre sécurité extérieure. Elle a gravement compromis notre liberté. Elle a abaissé notre rang.

Nos adversaires politiques ont fondé leur action sur un contresens historique. Ils ont décrété, car prisonniers de leur idéologie mondialiste, que l’histoire nous emmenait vers un monde globalisé sans Etats dans lequel allait s’imposer universellement le « modèle occidental américain ».

Ils se sont trompés et leur erreur est l’origine même de notre déclin

De l’Asie à l’Amérique Latine, en passant par le monde musulman, un nouveau monde émerge, fondé sur l’affirmation des identités et des souverainetés nationales.

Le retour de l’Asie, en particulier, annonce la fin de la primauté de l’Occident sur le monde. Nous marchons vers un monde multipolaire et nous devons nous en réjouir.

En conséquence, nos grandes orientations de politique étrangère doivent être refondées, et les clés de cette refondation se trouvent dans nos fondamentaux historiques, dans les constantes géopolitiques de la France.

ANALYSE

Trois mots clés sont la base de notre puissance, ceci depuis des siècles :

Souveraineté, équilibre et monde. France puissance souveraine, France puissance d’équilibre, et France puissance mondiale. Or nos gouvernements ont fait le contraire : ils ont détourné la France de sa grande politique mondiale pour la rétrécir au seul horizon européen ; ils ont aligné la France sur les Etats-Unis au lieu de fortifier son rôle d’équilibre entre les empires ; ils ont sacrifié notre souveraineté pour tenter de nous fondre dans un Empire européen privé d’identité.

Le monde qui se prépare est sous le péril de guerres de grande ampleur. D’abord parce que les Etats-Unis, n’acceptant pas de perdre la main sur l’histoire face à la Chine et la Russie, et confrontés au risque d’un effondrement économique consécutif à la perte du statut de monnaie de réserve pour le dollar, seront peut-être tentés par la guerre pour s’en sortir. Ensuite parce que la raréfaction des ressources stratégiques (énergétiques, minérales, alimentaires…) va exacerber la compétition entre les géants émergents, l’Inde et la Chine en particulier. Le dérèglement de tous les impérialismes, américain, islamiste, chinois… est donc à prévoir dans les années à venir.

Dans ce contexte, et une fois de plus dans son histoire, la France sera amenée à jouer un rôle d’exception. Elle pourra en effet contribuer à prévenir ces périls, en retrouvant sa vocation de puissance d’équilibre.

Notre projet de politique étrangère est tout à la fois un projet de puissance pour la France et de paix pour le monde. Nous voulons refonder l’influence de la France dans le monde sur sa capacité à apporter la paix et prévenir les conflits de demain. Mais cela ne sera possible que si nous restaurons la crédibilité de nos outils de puissance, outils diplomatique et militaire.

Ce qui différencie fondamentalement et radicalement notre projet de politique étrangère avec celui de tous nos adversaires, sans exception, tient à deux choses :

1/ Leur résignation leur fait croire que la France n’a plus d’avenir et qu’elle doit se fondre dans un bloc euro-atlantique ; nous pensons exactement le contraire : la France n’aura d’avenir qu’en s’extirpant de la logique euro-atlantique.

2/ Leur résignation leur fait croire que la guerre est inéluctable et que nous devons nous abriter derrière l’Amérique. Là encore nous pensons exactement le contraire : aucune guerre n’est inéluctable, tout dépend de nous, et si elle éclatait dans un contexte euro-atlantique, nous serions la première des cibles et la plus vulnérable.

Pour sortir de « l’inéluctable » programmé par nos « élites » résignées, et qui peut conduire au chaos, nous proposons une rupture forte.

La politique est aussi l’art du possible. Cette rupture n’est pas seulement souhaitable. Elle est possible justement parce que nous ne sommes pas les seuls à la souhaiter, loin s’en faut. D’autres pays la souhaitent et c’est avec eux que nous voulons reconstruire l’avenir.

POSITIONS

Nous proposons ici 11 axes de politique étrangère qui modifieront en profondeur le destin de notre pays et rendront possible son retour au premier plan :

1/ L’avènement d’une Europe des Nations, une sortie du commandement intégré de l’OTAN et l’offre faite à la Russie d’une alliance stratégique poussée, fondée sur un partenariat militaire et énergétique approfondi, le refus de la guerre d’ingérence et le soutien au droit international.

2/ Conjointement, la proposition faite à l’Allemagne de s’associer pour former une alliance trilatérale Paris-Berlin-Moscou.

3/ La proposition de la formation d’une Union paneuropéenne (des Etats souverains) incluant la Russie et la Suisse et respectant le statut de neutralité, le droit national, la fiscalité nationale… La Turquie ne serait pas associée à ce projet.

4/ La renégociation de tous les partenariats économiques avec les pays du Maghreb sur la base d’un arrêt des flux migratoires.

5/ Une grande politique de la mer, avec la création d’un Conseil stratégique permanent de la mer, visant à faire de la France, et en s’appuyant sur les atouts que nous procurent nos territoires d’outre-mer, une puissance de médiation des conflits de souveraineté maritime, et une puissance d’innovation dans le domaine de la recherche maritime (Arctique, Antarctique, ressources énergétiques et alimentaires de demain…).

6/ Une grande politique de développement de l’Afrique. L’Afrique est aujourd’hui abandonnée aux puissances émergentes, la Chine, l’Inde, le Brésil et même la Russie qui revient. Nous voulons rompre avec la France-Afrique corruptrice et poser les bases d’une politique africaine fondée d’une part sur un respect réel des souverainetés nationales africaines, d’autre part sur un soutien fort par l’Etat français des investissements privés français en Afrique en échange d’une inversion des flux migratoires.

7/ Nous devons ensuite promouvoir la langue française dans le monde. Nos gouvernements ont tout lâché sur la francophonie. Ils n’ont jamais considéré celle-ci comme une œuvre sérieuse. Or l’anglais n’est jamais la première langue mondiale que parce que les Etats-Unis sont la première puissance mondiale.

Langue et puissance vont ensemble. Le combat pour la langue française, sur tous les continents, participe de la restauration de notre influence. Les Chinois ouvrent des Instituts Confucius en Afrique. Ils ont compris l’enjeu de la compétition des langues au XXIe siècle. Aujourd’hui les cours de français ne sont accessibles, dans les centres culturels et alliances françaises, qu’aux enfants étrangers riches. Cette situation doit changer. Une politique de promotion de la Francophonie digne de ce nom avec un réengagement des politiques bilatérales de soutien à la langue française sera conduite.

Les sommets de la Francophonie (multilatérale) redeviendront un levier de notre politique étrangère, à l’instar du Sommet Chine Afrique que Pékin a initié en 2006.

8/ Une politique asiatique volontariste. La France est en retard en dehors de son champ d’influence historique (ex-colonial). Mis à part la Chine, notre absence en Asie est criante. Nous devons nous renforcer en Inde, en Indonésie, en Malaisie… La formation de diplomates spécialistes de l’Asie et le renforcement de notre projection dans ces pays seront parmi nos priorités de politique étrangère.

9/ La restauration d’une politique arabe de la France. Les guerres d’Irak et les révolutions arabes auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe. Le Quai d’Orsay se targue aujourd’hui de notre partenariat avec le Qatar. Certes le Qatar est très riche en gaz et développe sa propre influence dans le Golfe et au-delà, mais notre politique arabe ne saurait se réduire à ce petit émirat !

La restauration de notre politique arabe passe d’abord par la restauration de notre politique d’équilibre au Proche-Orient : Si nous soutenons la formation d’un Etat palestinien, il n’en demeure pas moins que Israël doit être assuré d’une existence indiscutable et d’une sécurité garantie. Dans le même temps, nous ferons connaître notre ligne rouge: la France ne discutera ni négociera avec aucun gouvernement pratiquant ou soutenant des groupes pratiquants le terrorisme, quelle que soit la cible (Europe, Etats-Unis, Israël, Russie…). En la matière, la France ne se fiera qu’à ses propres critères d’évaluation (nos services secrets) et non aux évaluations étrangères qui firent souvent l’objet de désinformation (souvenons-nous des Etats-Unis avec l’Irak).

10/ Une puissance d’équilibre et de médiation. Dans l’ensemble des confrontations duales (Etats-Unis contre Chine, Chine contre Inde, Inde contre Pakistan, Iran contre Arabie Saoudite, Venezuela contre Etats-Unis…) nous nous efforcerons de jouer un rôle d’équilibre et de médiation. C’est ainsi que la France, se rendant utile à la paix du monde, verra son influence et son prestige augmenter.

11/ La lutte contre le terrorisme international. Elle doit reposer sur la réalité, à savoir que le phénomène du terrorisme qui a été pensé jusqu’ici comme un produit extérieur aux Etats, résultant de l’oppression et de la misère, n’est en réalité que le prolongement obscur, de la politique de certains Etats. Exécuté par des groupes en apparence en rupture avec les Etats, les terrorismes, sont l’émanation d’appareils militaires parallèles. Forts de cette nouvelle approche fondée sur la réalité du monde, nous redéfinirons notre politique de lutte contre le terrorisme.

La crédibilité de la puissance au service de ce programme

Cette grande politique mondiale de la France ne sera possible que par la restauration de notre puissance économique (voir notre projet économique) et par la restauration de notre crédibilité de puissance.

La crédibilité de puissance repose sur deux outils, l’outil diplomatique et l’outil militaire.

Notre outil diplomatique

Année après année, notre outil diplomatique, le deuxième derrière les Etats-Unis, a été sérieusement affecté par le « tout Europe » et l’érosion des budgets.

Nombreux sont les pays où nous avons vendus, ou sommes en train de vendre un bâtiment souvent d’une valeur historique exceptionnelle, qui abritait ou abrite encore, au coeur d’une capitale, notre consulat ou notre ambassade. Le phénomène de liquidation du patrimoine immobilier national, que nous connaissons sur le territoire national, se produit aussi à l’extérieur de notre territoire, mais les Français ne le savent pas.

Or conserver ce patrimoine participe de notre prestige à l’étranger ! Il est certes plus difficile de protéger un bâtiment du XVIe siècle, lové au coeur d’un centreville historique, qu’un cube de béton posé dans une périphérie quelconque et ceinturé d’autres blocs de béton. Mais nous ne sommes pas les Etats-Unis, et l’affichage de la civilisation française, du goût, des arts, participe directement de notre influence.

Au-delà du patrimoine immobilier, c’est bien évidemment le patrimoine humain du Quai d’Orsay qu’il faut préserver et renforcer. Notre tradition diplomatique est grande, nos écoles d’orientalistes précieuses. Mais nous devons compléter leur formation d’une approche plus audacieuse et anticipatrice que la seule diplomatie. Nos diplomates doivent devenir des acteurs de la guerre économique, de la guerre de l’information, capables de développer et projeter dans l’action une pensée géopolitique, en s’appuyant sur des réseaux locaux solidement formés au cours des années. Nous devons revoir notre approche de la pratique diplomatique, sans doute laisser nos diplomates plus longtemps en poste pour s’imprégner davantage du pays et y tisser des réseaux performants, tant dans le domaine politique qu’économique.

Nous remettrons sur pied, en nous appuyant sur les atouts de la formation diplomatique actuelle (son goût pour la connaissance, les langues rares etc.), une diplomatie d’action capable de mieux anticiper les crises géopolitiques et d’influer sur leur déroulement dans le sens de nos intérêts nationaux et ceux de nos partenaires européens.

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